18/08/2011

Bed & breakfast

Valentine a passé sa première nuit à la maison, depuis son hospitalisation début juillet. Ce matin, c’est donc en famille et au complet que nous avons pris notre petit déjeuner. La bonne humeur régnait. C’était simple, c’était gai. Pendant cette petite heure – est-ce dû à la fatigue ou à la décompression après ces longues semaines ? –, tout semblait juste normal. Un peu comme si nous nous étions réveillés après une nuit de cauchemars, pour nous rendre compte ensuite que ce n’était qu’un mauvais rêve, que tout allait bien…

Un peu trop beau pour être vrai, sans doute. Mais quel soulagement, déjà, de voir nos trois loustics réunis à table. Oserions-nous l’affirmer ?, quel plaisir de baigner dans ce grand chaos sonore, à qui saura au mieux attirer l’attention des autres. Et quel bonheur de voir notre Valentine reprendre sa place au sein de la tribu. Qu’il nous a manqué, son regard qui roule de maman à Guillaume, puis à Félix, de retour à Guillaume, etc. Qu’il est bon de retrouver son sourire, et de la voir participer aux grands débats insouciants. Comme si de rien n’était. Valentine est à la maison. Enfin !

10:34 Écrit par Veronique Etienne | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

13/08/2011

L’instant présent

Une parenthèse s’est ouverte ce samedi. Valentine a pu quitter sa chambre, mais pas pour une balade dans les couloirs de l’hôpital. Non, mieux, il s’agissait d’une véritable sortie, préparée minutieusement, un retour à la maison.

Il y avait donc de quoi se réjouir, c’est certain. Déjà, on s’était ménagé une solide réserve, afin de ne pas voir nos espoirs déçus une fois arrivé le jour J. Ensuite, si ça se concrétisait, on savait également que ce ne serait pas qu’une partie de plaisir : deux allers-retours sur la journée, notre Valentine ballotée entre deux univers, les contraintes habituelles de précautions et de soins à ne pas négliger, la nécessité de combler l’arrêt de la parentérale par une alimentation plus importante…

A l’heure du bilan, nous ne pouvons pas nier une expérience positive : après une arrivée triomphale, les garçons ont joué le jeu à fond les manettes, ils se sont donnés à qui mieux mieux afin de rendre le sourire à leur petite sœur. Jonglage, pitreries, cascades et chutes, déguisements, chants, notre princesse était la personne à divertir aujourd’hui. Sa mine réjouie en disait long sur le plaisir ressenti. Valentine a également pris un second mini dîner ce midi, redonnant du sens au terme de ‘repas familial’. Et à peine le gouter terminé, elle réclamait déjà sa baguette au jambon, promise de longue date, et dévorée avec un régal non feint. Hélas, si sa présence avec nous représentait pour elle une sorte de guérison, nous avons dû mettre un frein à certaines de ses envies. C’était d’autant plus dur que nous désirions plus que tout que cette journée soit mémorable.

A l’heure du départ, les enfants se sont fait un gros câlin ; nous étions alors spectateurs de nos trois loustics se serrant dans les bras, les deux garçons à genoux pour pouvoir étreindre Valentine. Ca n’a duré que quelques secondes. Cette après-midi n’a duré que quelques minutes. Voilà ce qu’il en est de ces parenthèses qui s’ouvrent par magie : elles se referment également, et emportent cette magie jusqu’à un lendemain incertain.

Sans doute devrions-nous faire preuve de plus d’enthousiasme, mais ce n’est pas si facile. Oui, la journée a été super, et Valentine était en relative bonne forme. Mais une après-midi à la maison, après avoir passé six semaines intenses à Saint-Luc, et en gardant toujours aussi vivaces nos craintes sur l’avenir… L’équilibre n’est pas encore atteint.

Nous renouvellerons avec plaisir cette petite escapade, et nous gardons l’ultime espoir que Valentine nous soit rendue pour de bon, en meilleure santé. Une étape a été franchie, mais d’autres progrès doivent encore être réalisés. C’est pour cela que notre joie se vit en demi-teinte.

A bientôt.

22:24 Écrit par Veronique Etienne | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |