01/02/2010

Dimanche 31 janvier (bis)

Retrouver Valentine, après une nuit ou plusieurs jours, a toujours été un moment intense depuis son hospitalisation. Selon les jours, on franchit le seuil de sa porte avec appréhension, confiance, ou curiosité, toujours avec émotion. On entre dans sa chambre avec fracas, ou sur la pointe des pieds, selon le rythme de ses siestes. On l’embrasse dans les cheveux, ou on se contente de la regarder pour ne pas perturber son sommeil.

Ca fait des semaines que ça dure, des semaines de calme relatif, d’autres passées dans la tourmente. Toujours, Valentine s’accroche. On est là pour elle, mais c’est elle qui donne du sens à ce combat. Quotidiennement. A sa manière, Valentine nous fait passer un message très clair : qu’importe où elle se trouve pour le moment, le plus important reste où on va. Nous voulons croire avec elle que cette période est une parenthèse, peu banale, et douloureuse, mais pas la fin. La parenthèse doit se fermer, et laisser place à… autre chose.

Ce nouveau chapitre, nous aimons l’imaginer à la maison. Nous savons que l’aventure, ou plutôt la mésaventure, n’est pas terminée. Mais pour pouvoir affronter de nouvelles épreuves, Valentine doit reprendre des forces ; et nous espérons que c’est en famille qu’elle le fera au mieux. Certains signes sont prometteurs, même s’ils ne sont pas suffisants : Valentine est plus dynamique, plus éveillée. Elle parle beaucoup plus, et elle sait très bien ce qu’elle veut… Et ce qu’elle ne veut pas. Promener ? Oui. Manger ? Non. Et ne vous y trompez pas, quand ce petit bout de 2 ans et demi vous fixe droit dans les yeux et vous dit « non », caprice ou pas, elle a souvent le dernier mot. On se retrouve donc avec ce pot de yaourt – écrémé, allégé, 0% de matières grasses – dont elle a accepté péniblement deux mini cuillers. Et nous prenons conscience du combat que nous allons devoir mener, nous qui aurions tant souhaité la laisser souffler un peu.

Hier, je te lisais des histoires. On était bien, tous les deux, dans ce grand fauteuil que j’avais incliné vers l’arrière. C’était la fin de la journée, et je sentais bien que l’heure du dodo approchait. Quand je t’ai proposé de rejoindre ton lit, tu t’es blottie de côté sur mon ventre, comme tu le fais pour t’endormir ; je ne me rappelais plus un si bon contact avec toi. Je t’ai massé le dos, en te parlant tout bas, et je pouvais te sentir peser de tout ton poids. Tu m’as dit « chatouilles », je t’ai déposée dans ton lit. Et aujourd’hui, je me demande encore pourquoi je n’ai pas passé la nuit là-bas. Alors je m’accroche à cette idée qui, il y a si peu encore, nous semblait déraisonnable : il y aura encore de bons moments !

20:32 Écrit par Veronique Etienne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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